Évacuation de la ZAD du Mormont : pas si simple…

Ayant publié ici un article plutôt optimiste après l’évacuation de la ZAD du Mormont le 30 mars, je me dois de faire un mea culpa : non, les choses ne se sont pas si bien passées que ça !

Il est vrai que je craignais surtout des blessés graves, voire des morts ; cela n’a pas eu lieu, ouf, c’est bien.

Mais les révélations qui ont suivi peu à peu, et notamment ces derniers jours dans la presse, laissent tout de même songeur… Que des membres du support médical, ainsi que des personnes clairement identifiées comme chargées de la sécurité, aient été interpellées, parfois même avec violence selon elles, voilà qui dépasse l’entendement. Deux de ces personnes viennent de déposer plainte contre la police, et elles ont mille fois raison de le faire : il faut absolument que la lumière soit faite, entièrement et précisément.

Et qu’est-ce qui justifie de prendre les empreintes génétiques (profilage ADN) des personnes interpellées ? Comment cette criminalisation de simples militants – même aussi déterminés que ceux-là l’étaient – peut-elle être tolérée ? Que cherche-t-on par là : à créer un « fichier de zadistes potentiels » ? Maintenant qu’est établi dans notre pays, grâce à l’aveuglement d’une majorité de votants, l’ubuesque catégorie de « terroriste potentiel », il est hélas permis de le penser…

On déplorera encore les accusations fantaisistes émises par certains policiers à l’encontre de personnes interpellées : telle cette personne chargée de la sécurité de personnes perchées dans les arbres, accusée d’avoir jeté des pierres sur les forces de l’ordre… Accusation tellement grotesque qu’elle sera retirée dans les jours suivants. Mais ce retrait n’excuse pas tout… Une accusation fallacieuse reste un délit, et d’autant plus lorsqu’elle est proférée par une personne assermentée.

La pandémie de Covid a clairement, chez nous comme partout dans le monde, mis du vent dans les voiles de tous ceux qui désirent contrôler la population, épier ses actes, répertorier ses propos, enregistrer ses données, bref : fliquer et ficher ! Il nous incombe, à nous tous et toutes qui tenons à la démocratie, de nous défendre de ces louches tentatives.

Nous avons besoin d’une police, c’est clair. Mais d’une police « propre », au service de la population et non des élites économiques ou politiques au pouvoir. Une police qui accepte le fait de la contestation, et des légers désordres qu’elle entraîne : bref, qui ne confonde pas « service d’ordre » et « propre en ordre ». Une police qui assure la sécurité, mais avec le strict minimum de force requis dans chaque cas.

Alors, soyons clairs :

  • Les profils ADN établis après l’évacuation de la ZAD doivent être détruits, sauf en cas de délit grave (mais nous n’avons pas connaissance qu’il y en ait eu).
  • Enquête doit être menée, au sein de l’´État de Vaud, sur l’interpellation de personnes « chargées de mission d’ordre » (sanitaire ou sécuritaire) ainsi que sur les accusations fallacieuses qui ont pu être proférées à l’encontre de certains zadistes.
  • Suite à quoi, les mesures appropriées doivent être prises – et des excuses exprimées à qui de droit…
  • La Justice doit sereinement traiter les plaintes récemment déposées contre la police ; et l’État ne doit absolument pas interférer pour tenter de protéger ses agents.

Morges, le 19.07.2021 / Philippe Beck

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